06/09/2005

Tchouf, tchouf...tchouf


Le tortillard qui se prenait pour le TGV s'est entortillé dans les rosiers griffant au passage sa déjà vieille carrosserie. Il a perdu sa ligne dans les bois où ne subsiste qu'une drève où les roses aux ronces se confondent. Il a épuisé tout le charbon et son tender est plus vide qu'un supermarché russe du temps de Brejnev, de sa cheminée sortent encore, espacées, très espacées, quelques volutes à peine visibles à l'oeil nu, comme un soupçon de lait au café noir, parcimonieux filet de crème. Lui qui en a traversé des pays aux riantes contrées, monté les cols les plus hauts, affronté les ondées, les orages aux paysages si beaux, le voici comme un grand oiseau penaud, tout noir mazouté sur une plage désertée des écologistes. Intéresse-t-il encore quelqu'un, combien va-t-on donner pour lui dimanche à la brocante ? "L'est-y encore en état ? Fait-y encore tchouf tchouf au moins ? On n'achète pas un chat dans un sac."

18:42 Écrit par Rutabaga vous invite | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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