21/09/2005

Soirs froids


Les soirs sont de nouveaux froids
L'été, ce bel, s'en est allé
Ailleurs vers le sud se réchauffer
Et même l'indien y a suivi son roi

Non je ne rallumerai pas le chauffage
Ma bourse est plate comme en chômage
J'ai ressorti mes pull-obers
Il est transi le belgian lover

Demain il ira toute la journée
Au bureau chauffé des gouttes y transpirer
Peu gaie perspective mais de la sorte
Il aura moins froid qu'à la porte

Et pourtant il ne gèle pas encore
C'est moi sans doute qui deviens mort
Mes genoux craquent comme de vieilles branches
Tiendrais-je le coup jusqu'à dimanche ?

Et dans une heure le lit tout froid
A regarder passer les heures
Asticotant avec mes petits doigts
Ce qui naguère prodiguait du bonheur
Quand cela tenait longtemps droit

Et dans un mouvement comme un quadrille
Comme aux champs sonne le clairon
En silence quelques coups de canon
Saignant la main d'un flot de vanille

Victime de guerre, soldat fourbu
Répit du guerrier, racrapoté le poilu
Comme ailes d'ange il a fondu
Au grand soleil des malentendus

Il se ronge en secret au froid de son lit
Il a bu le calice jusqu'à la lie
Il gerbe seul quand d'autres font bombance
S'éteint en soufflant "Crève la France"

Il rêve comme s'il vivait encore
Il est un bateau qui rentre au port
Grand vainqueur du combat naval
Soutes pleines d'épices orientales

Les femmes en liesse lancent des vivats
Et plus haut encore se dresse son mat
Mais soudain l'orage tonne
Encore ce putain de téléphone !

22:58 Écrit par Rutabaga vous invite | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

Froid Quand le poète a froid
Quand ses mots sont de glace
Et même sous les draps
Il nous laisse des traces... (lol) Allez, hauts les coeurs...

Écrit par : Gaïa | 22/09/2005

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