25/09/2005

APOCALYPSE


Il m'est arrivé cet été de présenter ce texte à un concours dont on ne m'a jamais communiqué les résultats, je vous le livre, comme çà, le thème choisi était celui de l'Apocalypse, un beau thème ma foi.


Matin banal de juillet, un beau ciel bleu et un soleil annonciateur de robes légères et transparentes, j’ouvre le journal assis à la terrasse du bistrot près de mon travail, Roger, le garçon, m’amène mon thé-citron, il est 8 h 30, je commence à neuf, autant bien débuter la journée.

A deux tables, un vieux monsieur que je n’ai jamais vu semble tout droit sortir d’un vieil album de Tintin, l’île mystérieuse, ce même faciès en haricot, la même calvitie et l’air complètement à côté de la plaque, vêtu d’une espèce de toge blanche et bleue, il fait tache dans le paysage urbain.

Il pointe son doigt vers le soleil et regarde tout autour de lui avec des yeux battant mille feux, je suis la direction de son doigt et je remarque que le soleil ne me fait pas mal aux yeux, j’en distingue même les contours. Je me flanque une petite gifle histoire de me réchauffer un peu et surtout de me dire que le soleil n’est pas un cube.

Le vieux se met à hurler, « c’est, c’est… l’apo, l’apo ! » et de sortir de dessous sa toge un bois assorti d’une petite cloche qu’il fait tinter. Roger intervient, pas de scandale à la terrasse, çà fait fuir la clientèle.

Il fait de plus en plus froid. Le vieux : « l’apo, l’apo… » Ding dong « l’apo, l’apo ! » Roger tente de le calmer, il crie à Betty au bar, « un Apollinaris table sept ! ». Moi : « Roger, je peux te payer ? Je vais me réchauffer au bureau ».

Le ciel s’assombrit, il va pleuvoir sans doute, un regard en l’air, pas un nuage, le bleu du ciel passe au violet, le petit vieux a quitté lui aussi la terrasse et au feu rouge il fait tinter plus fort sa cloche en gesticulant comme un oiseau pris dans le mazout qui essaie de s’en dégager. C’est pitoyable. Trop froid, je me détourne, le vent s’est levé,

J’arrive au bureau, c’est la panique, il n’y a plus d’électricité, il fait un froid de canard. « Ah ! Enfin, te voilà Jacques, il fait 2° dans mon bureau, tu dois aller voir le chef », « Hé ! Le délégué syndical, on caille ici », « Tu dois décider d’un arrêt de travail ! ». Mes collègues vocifèrent.

Tout à coup il n’y a plus de lumière.

Seules trois lettres apparaissent sur tous les écrans des pc : N, O, W.

Au loin, on perçoit comme une cloche sonnant le glas.

20:40 Écrit par Rutabaga vous invite | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

Concours Fallait le faire. C'était un beau défit. Le chef m'avait demandé de faire des essais avec les textes (le tien comme les autres)mais c'était trop long à mettre sur le site. Il est chouette tout de même ce récit. Bises

Écrit par : Gaïa | 25/09/2005

Il n'y a jamais eu de résultat... Le chef a décidé d'annuler... mais c'est une belle histoire que ton apocalypse... Bises

Écrit par : Poussière de lune | 27/09/2005

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